L'actualité de SOS Prema

La France ne respecte pas la Charte de l’Enfant Hospitalisé

Communiqué de presse 8 Février 2018

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CHU Nord de Marseille : La France ne respecte pas la Charte de l’Enfant Hospitalisé
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Suite à l’appel de détresse d’une mère séparée de son nouveau-né prématuré par manque de logement à l’hôpital, et suite au Communiqué de presse de l’APHM, l’association SOS Préma souhaite dénoncer le manque de prise en compte de la prématurité et de ses effets en France.
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Le 4 février, une maman de nouveau-né prématuré, hospitalisé au CHU Nord à Marseille, a lancé un appel à mobilisation sur Facebook pour dénoncer la fermeture de studios au sein du CHU qui permettaient à quelques parents de rester, à moindre coût, auprès de leur bébé.
Près de 50.000 partages plus tard, l’APHM (Assistance Publique Hôpitaux de Marseille) a réagi via un communiqué de presse pour déplorer le manque d’offres hôtelières à proximité de l’hôpital et donner des arguments juridiques sur la non-conformité de cette prestation avec la législation.
Après une enquête menée par l’association, il apparaît que les studios coûtaient trop cher au CHU et que, même si tous les acteurs du sujet sont conscients de la nécessité de la présence des parents, la non rentabilité de la prestation a provoqué cette fermeture.
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SOS Préma dénonce le manque de prise en compte de la prématurité en France et le non respect de la Charte Européenne des Droits de l’Enfant Hospitalisé.
La France a signé la Charte européenne des droits de l’enfant hospitalisé en 1988. Les articles 2 et 3 de cette Charte stipulent très clairement que l’enfant a le droit d’avoir ses parents auprès de lui, jour et nuit. Or, en France, la plupart des services de néonatalogies n’accueillent pas les parents la nuit, par manque de place, de moyens, ou de volonté.
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Article 2 : Un enfant hospitalisé a le droit d’avoir ses parents ou leur substitut auprès de lui, jour et nuit, quel que soit son âge ou son état.
Article 3 : On encouragera les parents à rester auprès de leur enfant et on leur offrira pour cela toutes les facilités matérielles, sans que cela entraîne un supplément financier ou une perte de salaire. On informera les parents sur les règles de vie et les modes de faire, propres au service, afin qu’ils participent activement aux soins de leur enfant.
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Les dernières études européennes montrent que la présence des parents améliore le développement de l’enfant et réduit le temps d’hospitalisation. S’il est difficile de le prouver scientifiquement, le bon sens admet qu’elle favorise aussi le lien parents/enfant, élément important dans la construction de chaque individu.
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Depuis plus de 13 ans, SOS Préma est sur le terrain et mène des actions en faveur des familles, des équipes soignants et des pouvoirs publics, elle déplore le manque absolu d’intérêt de nos pouvoirs publics pour nos nouveau-nés vulnérables. En juin dernier, l’association a demandé au Président de la République et à la Ministre de la santé de les recevoir pour les alerter sur ce problème de santé publique, mais cela leur a été refusé pour cause d’agenda. La prématurité représente pourtant 60.000 enfants chaque année, soit environ 100.000 pères et mères. Des familles impactées par cet accident de la vie qui amène, en cascade, d’autres problèmes : logistiques, financiers, psychologiques. A cela il faut ajouter des prises en charges et des suivis inégaux sur le territoire et une politique sociale qui dépend des CAF, donc inégale aussi.
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À quand un respect de la Charte ? À quand une prise de conscience de ce problème de santé publique ? À quand un accueil des nouveau-nés et de leurs familles dignes d’un pays comme le nôtre ? À quand une politique long terme pour nos adultes de demain ?
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Lien vers le post facebook :
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Pour plus d’informations : contact@sosprema.com
Charlotte Bouvard, directrice fondatrice de l’association reste disponible pour répondre à vos questions.