Parents

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A / Parcours de Famille
6. Le décès

SOS Préma a édité un livret DEUIL & PREMATURITE (démarches, témoignages, conseils, etc) offert à tous les parents qui le souhaitent. Vous pouvez le demander au service ou directement à l’association, en appelant la permanence téléphonique au 0811 886 888.

Votre bébé est décédé. SOS Préma vous présente tout son soutien et toute sa compassion. Nous espérons que cette rubrique, rédigée par Fanny, correspondante locale SOS Préma, vous aidera. N’hésitez pas à entrer en contact avec nous afin d’envisager ensemble vos besoins et vous apporter une écoute et un soutien actif.

Les démarches administratives

Le service de soins (réanimation ou néonatalogie) où votre bébé est décédé sera le premier, par le biais des différents professionnels (équipes soignantes, secrétariat…) à vous donner la liste des démarches administratives à effectuer. Le personnel du service saura aussi vous donner quelques conseils et se doit de vous aider, vous soutenir et vous accompagner. (Circulaire du 19 juin 2009)

Vous pouvez effectuer personnellement les démarches ou faire le choix de mandater une personne proche pour le faire à votre place. N’hésitez pas, si vous les effectuez personnellement et si vous le désirez, à vous faire accompagner et soutenir dans ces moments extrêmement pénibles et douloureux. Faites-le savoir à vos proches (familles ou amis), ils seront à même d’être auprès de vous pour vous soutenir et respecter vos choix et vos convictions.

Les personnels des pompes funèbres sauront vous conseiller dans vos choix afin que tout se déroule en adéquation avec vos désirs et vos croyances. Ils seront attentifs à vous, avant, pendant, et après les cérémonies. Vous pourrez faire établir plusieurs devis et choisir ensuite l’entreprise avec laquelle vous vous sentirez le plus en confiance. Dans ce contexte si douloureux et insensé, certains d’entre eux auront la délicatesse de vous proposer d’effectuer de nombreuses démarches à votre place. La mairie du lieu de décès se chargera de l’enregistrement civil de votre enfant, naissance et décès.

Il est possible que le service de l’hôpital vous aide et vous propose de faire ces démarches. C’est avec ces deux certificats (naissance et décès) que vous pourrez faire valoir vos droits et vos prises en charge. Votre enfant sera inscrit sur le livret de famille.

Au niveau de votre CAF (Caisse d’Allocations Familiales), il existe parfois une personne en charge des allocataires en deuil après le décès d’un tout-petit. Des conseils judicieux vous seront donnés et des allocations vous seront attribuées.
Malheureusement, des aides financières spécifiques sont encore inégalement accordées selon les CAF. Face à ces inégalités,
SOS Préma vous soutiendra, à votre demande, dans vos démarches afin d’uniformiser les droits de tous. N’hésitez pas à nous solliciter !
Les droits des parents de bébés prématurés décédés ne sont pas différents de ceux des autres parents. Lors de l’ensemble de ces démarches, n’hésitez pas à poser et à reposer toutes vos questions.

Le mot de Myriam Dannay, psychologue de l’association.

Un bébé à venir est porteur d’espoirs parentaux… et d’attentes des générations qui l’ont précédé. Un bébé est investi par ses parents, même avant sa conception, dans le discours d’un homme et d’une femme désirants. Il est le dépositaire des fantasmes parentaux qui le façonnent pendant sa gestation. Il est accueilli dans et par l’espèce humaine. C’est un Evènement.
Et face à l’Evènement, la Réalité crue, dépouillée, violente et sans merci : le décès de son bébé. Quel fracas, qui laisse les parents sidérés, dans l’effroi et la souffrance indicible et cruelle.
Il y aura des répercussions psychologiques et physiques aussi, le corps est atteint, la psyché aussi et la fatigue sera présente pendant quelques mois. Elle signale aussi qu’il s’est passé quelque chose, et que tout un travail psychique s’effectue avec des intensités variables au beau milieu de véritables tempêtes émotionnelles, avec des périodes bienvenues d’accalmie.
Il y aura des moments d’abattement, d’anesthésie, car trop d’émotions intenses… et il faut bien continuer à se lever tous les matins et gérer son quotidien.
Il y aura des moments de colère après soi d’avoir failli, d’être responsable de la mort de son bébé car on aurait pu faire différemment… si on avait su… mais la continuité de la vie des uns et des autres ne dépend pas de nous, sinon nous serions tout-puissants et nous n’avons pas de pouvoir de super-héros.
Il y aura des moments de ressentiment envers son bébé, à qui on pourra reprocher de nous avoir laissé tomber, d’être parti sans un au revoir, pas le temps…
Il y aura un peu plus tard des moments de crainte, la crainte d’oublier quand la douleur se fera moins vive, peur d’être infidèle au petit défunt, de n’être pas resté là où le temps vous a séparé. Ne pas y penser sans cesse, cela ne signifie pas oublier. Le deuil, c’est accepter de laisser partir le petit être chéri et en même temps, installer en soi la possibilité d’une place pour lui, une place qu’il occupera à tout jamais, un endroit à vous, à lui, à vous deux, à retrouver avec une tendre tristesse dès que vous en aurez le désir.
Il y aura des moments de Vérité où l’on ressentira pleinement que c’est ce bébé là qui a fait advenir la mère, le père que l’on est devenu, et qui participera peut-être à la mère, au père, que l’on deviendra pour d’autres un peu plus tard… Deuil vient du latin doloris, qui signifie douleur, et les deux mots sont inséparables. La question qui surgit bien légitimement quand on souffre, c’est : jusqu’à quand ?
Au regard de la blessure profonde que provoque la perte de son bébé, il y a une temporalité différente en fonction de l’histoire personnelle de chacun. Mais le processus de cicatrisation se mettra de toutes façons en marche, processus que vous pouvez aider en appliquant à vous-même, quand vous le pourrez, un peu de tendresse et de bienveillance pour la femme, la mère, l’homme, le père que vous êtes, et qui ont été terriblement brutalisés par cette tragédie humaine.
Je vous souhaite au nom de l’association SOS Préma
beaucoup de courage…
Chaleureusement
Myriam Dannay