Parents

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5. Le transfert

Quand le bébé va mieux et/ou pour se rapprocher du domicile familial, il est transféré dans une autre unité ou dans un autre hôpital (de réa en soins intensifs, de soins intensifs en pédiatrie néonatale, ou de maternité de niveau III à niveau II, ou de niveau II A à II B). Ce qui devrait être une bonne nouvelle dans le cadre de l’amélioration de la santé de l’enfant n’est pas toujours bien vécu par les parents.

Témoignage d’une maman
« Paul est né à 27 SA + 2 jours. L’équipe médicale nous a préparés à une hospitalisation longue et difficile. Nous étions très entourés par des puéricultrices avec un réel accompagnement de notre souffrance : « Vous avez le droit de pleurer même devant nous ». Dès les premiers jours, nous étions impliqués dans les soins de Paul : comment le toucher, lui parler. Le peau à peau était « quasi obligatoire ». Sur le plan médical, la situation était très grave, il y avait une réelle volonté que l’on comprenne bien chaque étape du développement de notre enfant et que nous n’en soyons pas simples spectateurs : nous étions LES PARENTS. Quand le pédiatre référent a évoqué le transfert de Paul pour rapprochement familial en Maternité de niveau II, j’étais très inquiète de savoir s’il serait aussi bien suivi. Le médecin m’a proposé de visiter le service où Paul serait transféré. Nous avons été reçus par une puéricultrice qui venait d’arriver dans l’équipe. Nous ne pouvions pas entrer dans la néonat, juste l’observer de l’extérieur : un service vétuste, sans intimité, avec des box séparés par des cloisons vitrées, et trop petits pour mettre un fauteuil pour le peau à peau. Nous passions d’un lieu calme, dans la quasi-pénombre, où le bébé (et les parents) sont cocoonés, à une pouponnière. Le choc a été très violent. Nous avons juste croisé le pédiatre. Il n’avait pas encore le dossier de notre fils. La première semaine dans ce nouveau service a été éprouvante : Paul désaturait davantage, il fallait donc augmenter l’oxygène. Tous ses médicaments avaient été changés sans aucune explication. Il n’y avait plus de peau à peau ni de bain enveloppé (j’ai dû apprendre aux puéricultrices à le faire). Les visites de sa soeur Mathilde n’étaient pas autorisées. Cette période fut accompagnée de beaucoup de pleurs le soir en rentrant à la maison. Rendez-vous fut pris avec le pédiatre pour comprendre les raisons de ces changements. Grâce à cela, nous avons enfin pu obtenir le retour au traitement initial, le bain enveloppé et le peau à peau dans un transat que nous avons nous-mêmes acheté. Mathilde a pu voir son frère sous notre responsabilité. Ce transfert nous a fait grandir nous aussi, nous sommes passés de « pré-parents » à « parents ».
Séverine, maman de Paul, né en 2006 à 27 SA+2 jours et correspondante locale SOS Préma à Laval.