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7. L’entourage

L’entourage familial par Myriam Dannay, psychologue de SOS Préma

L’annonce d’un enfant à venir dans une famille va bouleverser l’ordre générationnel jusqu’ici établi.
Les parents désignés deviennent des grands-parents,
Les enfants basculent au statut de parents,
Frères et sœurs ont le statut d’oncles et de tantes,
Et on attend la venue de cousins et cousines.
Littéralement tous se sentent concernés.

La naissance d’un enfant prématuré va faire effraction dans ce que chacun se représente comme un « heureux évènement ».
Pour les parents ce sont des temps très difficiles qui commencent : il y a beaucoup d’angoisse autour de cette naissance. La douleur d’une séparation trop brutale, les questions autour du bébé : est-ce qu’il va bien…est-ce qu’il va vivre ?
Il y aussi l’environnement nouveau : l’entourage médical de l’enfant avec lequel les parents vont devoir vivre durant la durée de son hospitalisation.
Toutes les attentions sont dirigées vers ce nouveau né…et l’entourage familial aimerait bien lui aussi se pencher sur ce « berceau » (à la manière peut être des contes de fées ?…).
Cette situation va générer de l’inquiétude dans l’entourage qui va poser tout un tas de questions aux parents… qui parfois s’épuisent à trier les informations, leurs émotions pour épargner l’entourage.
L’entourage inquiet insiste :
« -nous disent-ils la vérité ? »
Cette inquiétude bien légitime est souvent renforcée par la « non-présentation » de l’enfant.
Ne pas pouvoir voir va susciter l’imaginaire qui imagine…parfois le pire : « nous cache-t-on quelque chose que nous ne puissions pas voir ? »

Pendant l’hospitalisation de leur enfant les « nouveaux » parents vont devoir répondre aux Anciens, parfois même ils se sentent obligés d’expliquer, de se justifier, de rendre des comptes à propos de la prématurité de leur enfant…comme quand ils étaient petits.
Et pourtant quand ils étaient petits, ils ont longtemps pensé que c’était leurs parents qui avaient les réponses.
A leur tour parents, ils se découvrent brutalement bien seuls.

Et puis arrive la sortie de l’enfant et le retour à la maison.
Pour cette nouvelle famille le retour à la maison est source de joies…et d’inquiétudes.
Il en a fallu du temps pour se retrouver en famille à la maison !
Il va en falloir du temps pour retrouver de la sérénité, et apprendre à vivre ensemble.

Parfois l’entourage peut se sentir exclu de son retour, sentant à juste titre que les nouveaux parents ont envie de vivre cachés ce bonheur tout neuf.
Il existe aussi des parents qui ont le vif désir d’être entourés…et ne comprennent pas le brusque désintérêt des grands parents pourtant si désireux de venir à l’hôpital.
Tout ceci peut générer de la colère qui prend sa source en partie de l’incompréhension des personnes en souffrance.
La prématurité n’est pas une naissance comme les autres, elle rend vulnérables tous les protagonistes : le bébé bien sûr mais aussi les parents et ceux qui les entourent.

A l’association nous avons beaucoup de questions qui viennent de l’entourage qui demande :
« «Comment aider ces parents d’enfant prématuré ? ».

Je vous propose quelques pistes de réflexion :

- Etre parents d’enfant prématuré c’est être parents avant tout ! Et qui mieux que les parents sait ce qui est bon pour leur enfant ?
- Demander si vous pouvez aider : questionner plutôt qu’imposer : l’offre et la demande ne coïncidant pas forcément !
- Ne pas se culpabiliser de ne pas aimer tout de suite ce tout petit. Votre lien à lui a été aussi malmené. Prendre un peu de temps et se faire confiance…cela se construit (se rappeler aussi comment vous avez découvert ce lien nouveau à vos enfants).
- Ecouter la plainte des parents, l’accepter et considérer que ce n’est pas parce que l’enfant va bien que les parents vont mieux. C’est souvent dans l’après-coup d’un évènement douloureux, parce qu’il a fallu gérer l’urgence de l’immédiat, que les parents « craquent » suscitant l’incompréhension de l’entourage : « mais il va bien ton enfant, il est à la maison…. vous devriez être contents… ».
- Eviter dans la mesure du possible les commentaires qui mettent l’enfant prématuré au centre des comparaisons inter-familiales : « à l’âge du petit, mon fils, la cousine, la fille de la voisine : marchait, était propre, parlait, jouait à la barbie, savait lire-écrire-compter-manger-seul-à-la-cuillère…. »
- Et parler de l’association !…

Ce ne sont que quelques suggestions car bien sûr chaque histoire, chaque relation de parents à son entourage est singulière, elle s’appuie sur un vécu que l’arrivée d’un enfant prématuré va chambouler.

Vos suggestions, vos questions et vos pistes à vous sont les bienvenues !

Truc et astuces d’une maman pour l’entourage

« Ma meilleure amie accoucherait d’un préma, au delà du soutien que je lui apporterais (pour l’avoir vécu), je lui ferais livrer des fleurs le jour de son arrivée à la maison, seule, sans son bébé.
Et puis, pendant toute la période d’hospitalisation, je me débrouillerais pour qu’elle et son mari n’aient pas à gérer la logistique (courses, sorties d’école…)
Le jour de l’arrivée du bébé à la maison, je lui ferais aussi envoyer quelque chose (un petit mot, des chocolats…) mais je ne précipiterais pas chez eux: ils ont besoin de se retrouver et d’accueillir leur bébé »